Une élection, même locale, est toujours l’occasion de mesurer les rapports de force entre le pouvoir en place et les oppositions.
«J’écouterai le message des Français», avait dit en substance Nicolas Sarkozy, lors de sa plus récente intervention télévisée. On sait déjà qu’aux lendemains des élections régionales, le président de la République a bien l’intention d’engager la réforme des retraites dont on ne sache pas qu’elle fasse partie de la campagne électorale. A la vérité, le Président regardera sans doute le rapport des forces entre la droite et les oppositions pour évaluer l’intensité du message et tenter de doser une réponse appropriée.
Une majorité peu populaire
Ce rapport des forces est aujourd’hui très nettement défavorable au pouvoir. Le contexte est celui d’une cote de popularité particulièrement faible pour Nicolas Sarkozy et d’intentions de votes, au niveau national, qui approchent un 40/60 en défaveur de la droite. Encore faut-il préciser que les oppositions sont nombreuses et dispersées, quand la droite est globalement en bon ordre autour de l’UMP. Il n’empêche: si un tel rapport de forces devait se confirmer, ce serait évidemment un avertissement non négligeable pour le pouvoir.
C’est sans doute cette perspective qui a autorisé Martine Aubry à se montrer particulièrement optimiste. La première secrétaire du PS a en effet marqué les esprits en annonçant une France régionale uniformément rose, et qui voudrait dire, qu’en dehors de l’Outre-mer, la gauche et le PS passeraient de 20 à 22 régions et gagneraient donc en Alsace et en Corse, les 2 seules régions que le scrutin de 2004 avait laissées à la droite. Depuis cette annonce tonitruante, Martine Aubry a discrètement rectifié le tir en parlant non plus de pronostic, mais de souhait de voir une France en rose. Cette rectification est bienvenue car, si l’optimisme de Martine Aubry peut paraître fondé, d’autres éléments conduisent à le modérer.
Au chapitre de l’optimisme vu du PS et de la gauche, il y a bien sûr le contexte national. Les élections régionales sont en effet traditionnellement affectées d’un facteur national qui permet de mesurer avec précision le degré de confiance, ou de défiance, dont bénéficie le gouvernement. Cette fois, on le sait, le climat est à l’impopularité: il s’agira donc d’en mesurer l’intensité. Le second facteur d’optimisme réside, pour la gauche, dans le bilan de ses présidents et présidentes sortants. Il est, pour l’essentiel, jugé de façon positive par les Français. Les sortants sont considérés comme bons gestionnaires; et ils sont appréciés dans leur région. C’est un avantage incontestable dans un scrutin où entre une part de personnalisation du scrutin.
Une opposition qui doit défendre un bilan
Pour autant, il était imprudent de la part de Martine Aubry d’annoncer une victoire avant le vote des Français. Ces derniers, en général, n’apprécient guère. Mais surtout, il existe des facteurs qui peuvent conduire, comme l’a suggéré Xavier Bertrand, le patron de l’UMP, à des «bonnes surprises» pour le parti du président. En premier lieu, l’annonce d’une France rose peut conduire à remobiliser une partie de l’électorat de droite tentée par l’abstention: il s’agit de ceux qui supportent difficilement Nicolas Sarkozy et qui attendent une alternative à droite. Ceux-là ne sont sans doute pas prêts à accepter une hégémonie socialiste dans les régions. Le deuxième correctif est plus important. Il faut en effet rappeler que le grand succès des élections régionales de 2004 —20 régions sur 22— a été obtenu dans un contexte de Front national fort. Sur ces 22 régions, il y avait eu en effet 17 triangulaires, c’est-à-dire des confrontations, au 2e tour, entre la droite, la gauche et le FN. Or, qui dit triangulaire, dit, a priori, avantage à la gauche. Le plus bel exemple étant celui de la région Paca. Or, nous sommes dans une période où le Front national est affaibli.
Moins sans doute qu’à un scrutin national, mais néanmoins sensiblement plus faible qu’en 2004. Si bien qu’il y aura nombreuses régions dans lesquelles l’extrême droite obtiendra moins de 10% et ne pourra donc pas se maintenir au second tour. Ces voix seront alors disponibles pour un report à droite. On comprend mieux, dans ces conditions —le comprendre ne veut pas dire l’accepter— aussi bien le débat sur l’identité nationale que la nouvelle offensive législative sur la sécurité menée par le gouvernement; le thème de la sécurité ayant par ailleurs l’avantage de mobiliser un électorat plus âgé. Or, dans les scrutins à forte abstention —et celui-ci risque d’en être un— les personnes de plus de 50 ans votent plus volontiers que celles qui ont moins de 50 ans.
Le troisième correctif qu’il faut apporter, et qui est de nature à modérer l’optimisme de Martine Aubry, est que, quoiqu’il arrive, le rose devra composer avec le vert. Les socialistes vont être en effet obligés de réduire leur représentation pour faire de la place à leurs alliés écologistes. Et il y a fort à parier qu’entre les deux tours les négociations avec les Verts seront difficiles, ces derniers étant tentés de demander plus que leur place.
Ainsi, on peut avoir, au soir du scrutin, un rapport des forces nationales très défavorable au pouvoir et à Nicolas Sarkozy et un affichage bien meilleur si l’UMP parvient à reconquérir une ou plusieurs régions, alors même que Martine Aubry avait laissé entrevoir un grand chelem. Cela donnerait évidemment plus de marges de manœuvre au président de la République pour interpréter le «message» des Français. Concrètement, on sait que des régions comme la Champagne-Ardenne, la Basse-Normandie, les Pays de la Loire ou même la région Centre, qui sont électoralement de droite, peuvent le redevenir. Le cas particulier étant celui du Languedoc-Roussillon où Georges Frêche, exclu du PS, a toutes les chances de l’emporter. On verra alors quelle sera l’attitude des dirigeants socialistes à son égard.
A ce stade, il n’y a pas, à proprement parler, un thème national de campagne, même si les élus de gauche protestent contre l’impact négatif pour leurs finances de la suppression de la taxe professionnelle, tandis que la droite invoque le fait que cette suppression est de nature à favoriser l’emploi.
Et Nicolas Sarkozy, qui avait affirmé à la télévision que le président de la République ne saurait se mêler d’un scrutin régional, multiplie les déplacements, qui sont autant d’occasions pour lui de faire l’éloge des chefs de file de la droite.
Jean-Marie Colombani
Image de une: REUTERS/Regis Duvignau














il faut rappeler à l’UMP , que le jour de l’élection, personne, ni droite ni gauche ,n’a de régions .
c’est un autre match qui commence le 14 mars ,puisqu’en 2004 c’était un autre gouvernement, un autre président .
si au soir du 21 mars l’opposition n’a QUE 12 régions sur 22 ,elle est majoritaire
ne pas nous rejouer la scène des élections européennes ,avec 60% d’abstentions , et l’UMP qui crie cocorico avec 11% des voix des inscrits .
espèrons pour le pays que ce quinquennat ne soit qu’une parenthèse malheureuse …
personne pas mème les experts ne savent plus ou on en est ,ni comment ,ni pourquoi, ni ou on va..
la France est sens dessus dessous ,tout se déglingue .
la seule solution proposée est la casse ,la casse et encore la casse ,bien! mais que mettons nous en place ? rien..
cassons toujours, on verra plus tard…
je voudrais rajouter ,concernant monsieur Sarkozy, qu’il a tout fait pour obtenir les voix du FN , sans lesquelles il aurait été battu .
seulement voilà, aujourd’hui il en paie le prix , dérivant toujours plus vers la droite nauséabonde pour donner des gages ,genre débat identité nationale qui a réveillé les bas instincts de ceux qui ont peur de l’autre.
il est prisonnier de cette surenchère , tout retour à une gestion sociétale plus mesurée signifiera sa perte.
pour ma part, il a perdu tout respect du à un président de la république , il a passé le plus clair de son temps à dresser les français les uns contre les autres, les autres contre les uns aussi pour ètre bien sur de son « coup ».
présidence éolienne , faite de coups de gueule , de rodomontades sans grands effets .