La construction d’une gauche moderne se joue, à l’intérieur du PS, à l’intérieur d’Europe Ecologie et ça se joue dans le rapport de ces deux formations politiques.
Bon, à l’intérieur du PS, on l’a déjà décrit par le menu, il y a la question du leadership, Martine Aubry est renforcée par ce succès, Ségolène Royal a réussi un très beau score dans sa région. On connaît l’équation, le projet des primaires. Ce peut être très simple ou très conflictuel, on verra, ce n’est pas, a priori, ce qu’il y a de plus exaltant dans la vie politique de la gauche de ces prochains mois.
En revanche, du côté des écologistes, il va se passer des choses, sans doute plus explosives, destructrices ou créatrices. Daniel Cohn-Bendit a lancé son nouvel appel du 22 mars lundi matin dans Libération. C’est du Cohn-Bendit pur jus, à la fois enthousiasmant et nébuleux, visionnaire, ouvert et légèrement foutraque. «Dany le vert» veut pérenniser Europe-Ecologie, en faire une sorte de coopérative politique, donner à l’écologie politique une nouvelle organisation dont les contours sont encore assez flous mais qui ne devrait pas ressembler à un parti politique classique. Les verts, c’est-à-dire le parti politique classique, incarnerait l’enfance et l’immaturité de l’écologie politique qu’il faudrait dépasser. Pour l’instant, vous le voyez ce n’est pas limpide, mais cet appel et d’autres appels qui vont suivre dans les prochains jours –notamment des parlementaires écologistes– vont dans ce sens, avec, en toile de fond, l’idée de peser fortement dans les négociations à venir avec le Parti socialiste et incarner la modernité face à lui pour participer à l’élaboration d’une plateforme de gouvernement. Alors vous l’avez compris, cette idée suggère que les écologistes finissent, avant 2012, par s’allier avec les socialistes pour ne présenter qu’un candidat incarnant ce que Martine Aubry a appelé déjà la «gauche solidaire».
Ce qui nous amène à la question des rapports entre les écologistes et le PS.
Le poids des écologistes est parfait pour les socialistes: assez fort pour composer (avec les 6% du Front de Gauche) une opposition hyperpuissante, pas assez fort pour trop prétendre au sein de cette opposition. Et surtout, pour la première fois, le principal partenaire du Parti socialiste n’est pas plus à gauche que lui, pas moins non plus, ce n’est pas vraiment définissable, mais ce qui est sûr c’est que les écologistes, contrairement au PCF du vingtième siècle, ne pousseront pas le PS à une surenchère sociale, à un toujours plus. Les écologistes (et Europe Ecologie, plus que les verts) offrent au PS, en quelque sorte, une radicalité «pas chère». Les caisses sont vides, il faudra faire des choix dans les promesses pour 2012 et c’est plus facile de faire le tri sélectif (des promesses) avec des écologistes qu’avec une aile gauche puissante et revendicatrice. En revanche il y a le nucléaire et la définition de la croissance. Voilà des sujets de clivage, des sujets de fonds, potentiellement conflictuels, qui ne pourront pas se résoudre entre deux tours d’une élection présidentielle. Voilà pourquoi l’initiative de Daniel Cohn-Bendit, même si elle reste un peu évasive, est une bonne nouvelle pour le PS.
Thomas Legrand
Photo:Le 18 mars 2010 à Paris. REUTERS/Philippe Wojazer
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je me demande dans quelle mesure peut on affiner des strategies quand on sait qu’il y a 50% d’abstentions et s’ils avaient votés ?pour qui?donc rien n’est joué et rien n’est possible dans l’instant present
Dans votre article, vous mettez en avant une évidence, il y a une grande proximité idéologique entre les socialistes et les écologistes, leur désaccords son de simple nuance, je pense qu’il y a de la place pour une gauche combative de transformation sociale, nous en sommes en début de processus pour la constitution de cette force
Globalement assez d accord avec cet article, je suis sceptique voir tres sceptique quand à une creation de partie europe-ecologie et donc une possibilite de peser sur les debats internes du ps.
Les leader actuels du ps ne sont pas, helas, representatif des differentes mouvances existant au sein du partie. In fine je crains que les primaires et/ou le combat des chef ne finissent par scinder le partie entre les « socio democrate » capable de fusionner avec les ecologistes, et les socialo communistes proche des communistes et des anti capitalistes.
Les ecolos risquent de provoquer le chant du cygne du ps et par la meme risquer une nouvelle defaite aux presidentielles…
Oui, et depuis Dominique de Villepin a parlé de la création de son nouveau parti, un parti de « droite solidaire », on n’est pas sorti de l’auberge (solidaire)