slate.fr regionales2010 sur slate.fr

L’Ile-de-France, région impuissante

En comparant les budgets des différentes collectivités locales d’Ile-de-France, on se rend compte que le poids financier et donc politique de la région est tout petit.

4,5 milliards d’euros. C’était le budget du conseil régional d’Ile-de-France en 2009. Il se calcule en additionnant les dépenses de fonctionnement et d’investissement de l’institution. A première vue, la somme paraît importante. Sauf que la même année, la ville de Paris brassait un budget de 7,3 milliards d’euros. Presque deux fois plus.

Certes, Paris est une collectivité locale double, et a donc des compétences augmentées. En tant que municipalité, elle disposait de 5,3 milliards d’euros; en tant que conseil général, de 2 milliards d’euros. Néanmoins, ce sont les mêmes élus (le Conseil de Paris) qui gèrent la somme globale, et la même majorité (derrière Bertrand Delanoë) qui préside à la destinée de la capitale. Donc un seul et même pouvoir.

Sept départements

Le président de la région doit également composer avec les autres conseils généraux, représentations politiques des départements. En dehors de Paris, ils sont sept en Ile-de-France. Sans surprise, le plus fortuné est le conseil général des Hauts-de-Seine, dirigé par l’UMP Patrick Devedjian, également ministre de la Relance. Le 92 jouissait en 2009 d’un confortable budget de 2,5 milliards d’euros. Viennent ensuite le conseil général de Seine-Saint-Denis (93), présidé par Claude Bartolone (PS), et le conseil général du Val-de-Marne (94), présidé par Christian Favier (PCF), avec chacun un portefeuille de 1,8 milliard d’euros.

Dans la hiérarchie financière des collectivités locales d’Ile-de-France, le conseil régional arrive donc en deuxième position, loin derrière Paris mais loin devant les conseils généraux. Mais il s’agit là de valeurs absolues. La comparaison devient d’autant plus intéressante qu’on rapporte le budget à la population administrée par les différentes institutions.

D’après le dernier recensement effectué par l’Insee (population légale de 2007), il y a 2. 215.197 habitants à Paris. Prenez votre calculatrice, divisez le budget global par la population et vous découvrirez que le Conseil de Paris peut (théoriquement) consacrer 3.295 euros à chacun des habitants de la capitale.

Habiter à Paris ou dans le 92?

A titre de comparaison, le conseil général des Hauts-de-Seine, qui intervient sur un espace géographique peuplé de 1.561.261 personnes, a une enveloppe de 1.601 euros pour chacun de ses administrés. De son côté, un habitant de Seine-Saint-Denis (1.513.963 habitants) vaut, à l’échelle du budget de son département, 1.188 euros. Pour le Val-de-Marnais (le 94 comprend 1.315.279 habitants), c’est 1.368 euros. De ce point de vue, il est donc préférable d’habiter à Paris plutôt que dans les Hauts-de-Seine, ou à défaut dans le Val-de-Marne plutôt qu’en Seine-Saint-Denis.

Et le Francilien, qu’il vienne des Yvelines, de Seine-et-Marne ou de l’Essonne, que touche-t-il de la région? D’après le recensement de l’Insee, 11.740.138 personnes peuplent l’Ile-de-France. Le ratio budget/population nous apprend qu’un Francilien ne peut espérer que 383 euros de l’institution régionale… Soit dix fois moins qu’un Parisien du Conseil de Paris.

Le poids financier du conseil régional est donc minime si l’on tient compte du bassin de population dont il a la charge. Et l’homme fort de l’Ile-de-France, en l’état actuel des budgets, reste le maire de Paris.

Jérôme Lefilliâtre, rédacteur en chef de Megalopolis

Image de une : 1 euro / FlubbelEmpire via FlickrCC

5 Réponses pour “L’Ile-de-France, région impuissante”

  1. LST dit :

    Et le Val d’Oise ? Il n’est plus en Ile de France ?

  2. Bof bof dit :

    Mais pourquoi l’argent disponible par habitant serait une bonne mesure du pouvoir ? La force la région c’est justement qu’une partie de son budget peut être mobilisée sans trop de contraintes. Alors que les conseils généraux ont eux hérités de lourdes charges transférées par l’Etat (le RMI par exemple). Ils n’ont donc aucune marge de manoeuvre sur une grande partie de leur budget… et donc un pouvoir limité

  3. Henelva dit :

    Ce que Bof bof dit est très juste. Ce serait intéressant, plutôt d’être renseignés sur les vrais pouvoirs de la région (et pourquoi pas de regarder ce qui a été fait par le PS et ce qui est proposé par les autres). Qu’est-ce qui est à la charge vraie de la région et qu’a-t-il fait de la somme restante ?

  4. @LST : je n’oublie pas que le Val d’Oise est en IDF, le fait qu’il ne soit pas cité dans l’article est une coïncidence involontaire.

    @Bof bof : ce que vous dîtes des conseils généraux est vrai, et l’est aussi pour les régions, à qui on a transféré notamment la charge des lycées. En IDF, le conseil régional mobilise plus d’un milliard d’euros pour l’enseignement secondaire. Un milliard qui est utilisé pour des dépenses courantes (entretien, rénovation, rémunération des personnels techniques), ce qui ampute encore les possibilités d’action du CR.

    @Henelva : la Région a trois grandes compétences que sont les transports (le grand enjeu de la campagne régionale, puisque le président de région président également le syndicat des transports d’IDF, dont 15 membres sur 29 sont conseillers régionaux), la formation professionnelle/apprentissage et l’enseignement secondaire. Le 4ème poste de dépense du budget 2010 est ainsi la charge de la dette (plus de 500 millions d’euros).

    A lire dans Megalopolis ce mois-ci : un dossier sur le pouvoir réel du conseil régional. En vente en kiosque pour 3 euros.

    Jérôme Lefilliâtre
    Rédacteur en chef de Megalopolis

  5. Gui dit :

    On passe du coq à l’âne de l’avant dernier au dernier paragraphe. Une comparaison est entretenue entre ce que distribue le conseil général du 92 et 93 et de Paris, et conseil régional par Francilien. ce qu’un Parisien touche aussi donc ? puisqu’il est francilien. L ‘essonien ou le Val de Marnais a lui aussi un conseil général, non ?
    La conclusion finale :  » Le ratio budget/population nous apprend qu’un Francilien ne peut espérer que 383 euros de l’institution régionale… Soit dix fois moins qu’un Parisien du Conseil de Paris. »
    est donc un peu bancale, non ?

Laisser une réponse

EN DIRECT SUR LE WEB

LIENS RELATIFS

PUBLICITE

Connexion - BlogNews Theme by Gabfire themes