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Sondages électoraux: le FN a-t-il été sous évalué?

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Avec 11,5% des voix au premier tour des élections régionales, le Front national retrouve aujourd’hui le rôle d’arbitre de la démocratie qu’il avait perdu au lendemain de l’élection présidentielle de 2007. Depuis dimanche, de plateau télé en reportage presse, ses dirigeants  dénoncent un complot. Dans leur viseur, les instituts de sondages qui auraient délibérément sous-estimé son influence et son score. Ainsi, le soir même du premier tour, Marine Le Pen s’en prenait à TNS Sofres et à son directeur, Brice Teinturier. Les sondeurs sont-ils retombés dans les erreurs qui les avaient menés à l’énorme bévue de 2002?

Dans les intentions de vote publiées la semaine précédant le scrutin, TNS Sofres annonçait un score de 8,5% des suffrages exprimés pour le FN, soit trois points de moins que les résultats définitifs. Du côté de l’Ifop, le Front national a oscillé entre 8,5% et 9,5% avant de se stabiliser à 9% dans la dernière vague. Chez Ipsos, des résultats non publiés donnaient le FN entre 10% et 12% à la veille du scrutin. Ces chiffres démontrent effectivement une sous-estimation généralisée du FN, mais ne peuvent en aucun cas alimenter la thèse du complot. Car les deux points de différence observés en moyenne au niveau national correspondent à la marge d’erreur des instituts, un droit à l’erreur singulièrement occulté dans les analyses et commentaires.

Des décrochages importants en région?

Toutes listes confondues, les études publiées régionalement ont réussi à proposer des résultats assez proches de ceux enregistrés dimanche. Quelques écarts constatés chez les différents sondeurs en ce qui concerne la liste Auxiette en Pays de Loire (évaluée en dessous de 30% pour un score de 34,4%), ou la liste Pécresse en Ile-de-France, généralement donnée au-dessus de 30% pour un score final de 27,8% ne peuvent occulter la fiabilité globale des instituts. Ainsi, l’analyse des intentions de vote TNS Sofres pour la Basse-Normandie ou pour la région Midi-Pyrénées, met en lumière des résultats très proches des scores du scrutin pour l’ensemble des listes, y compris le Front national. Dans d’autres régions, comme l’Aquitaine ou Poitou-Charentes, les résultats du FN ont été évalués très précisément, et la tête de liste du Front national en Poitou-Charentes n’a d’ailleurs pas caché sa déception d’atteindre seulement le score promis. Enfin,  le score de Marine Le Pen dans la région Nord-Pas de Calais avait été assez bien anticipé: 17% d’après l’Ifop, la liste obtenant au final 18,3% des suffrages.

En revanche, le bât blesse pour les instituts de sondage dans quelques régions-clés comme en Paca (13%-15% en intentions de vote pour un score de 20,3%) ou en Languedoc-Roussillon (7%-8% pour 12,7%). C’est également le cas en Champagne-Ardenne, Rhône-Alpes, Lorraine, et Alsace, où le décalage entre le score annoncé et le score obtenu par le FN atteint 4 à 5 points. Dans ces régions, où la captation du vote FN par le candidat Sarkozy lors de la présidentielle avait été très marqué et s’était prolongé lors des dernières élections européennes, la reconstitution d’un électorat frontiste semble s’être avérée encore plus ardu qu’au niveau national.

Détour dans les coulisses des instituts

Pour comprendre ces erreurs d’appréciation, il convient de faire un détour dans les coulisses des sociétés de sondages. Les instituts  utilisent comme «matière première» les réponses que donnent les interviewés. Or de nombreux électeurs du Front national cachent leur vote et affirment soit voter pour une autre liste, soit vouloir s’abstenir. Afin de lutter contre ces «votes masqués», les instituts établissent des reconstitutions de votes antérieurs afin de pondérer les différentes réponses en fonction du décalage entre le résultat d’une élection précédente et ce que les interviewés leur déclarent avoir voté. C’est grâce à cet outil que la prédiction du vote Front national s’était largement améliorée ces dernières années. A cela s’ajoutait un comportement décomplexé de la part des électeurs du FN, moins honteux d’exprimer leur vote, et donc plus enclins à révéler leurs intentions de vote aux enquêteurs.

Or, il semble que le syndrome du «vote de la honte», ait légèrement ressurgi durant ces élections régionales. Un constat qui confirme les premières hypothèses de ce premier tour: Le Pen, profitant du fort mécontentement dans les rangs UMP, aurait attiré de nouveaux venus,  des électeurs «fraîchement dépucelés à la sauce lepéniste», et qui n’ont pas osé faire leur «coming out» auprès des enquêteurs des instituts…

Mayeul L’huillier et Matthieu Chaigne de Délits d’Opinion

À LIRE ÉGALEMENT: Un bon score qui traduit une baisse; L’effet boomerang de l’identité nationale

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6 Réponses pour “Sondages électoraux: le FN a-t-il été sous évalué?”

  1. DEGIS dit :

    le FN est une Institution politique. L’élection en fanfare de Sarkozy en 2007 et la mort supposée du FN étaient 2 « erreurs ». L’élection de sarkozy, fondée sur des promesses futiles , démagogiques et perdues d’avance, s’est avérée être une mascarade à l’instar de la personnalité même de Sarkozy. Il est gouilleur, populiste, adepte invétéré des effets d’annonce. mMais derrière lui, le décor est plat, vide, sans aucun relief.
    la mort du FN, annoncée à grand renfort d’annonces ridicules reprises par toute la presse de manière jubilatoire, et même provocatrice, s’est avérée là aussi, parfaitement infondée. Le FN n’est pas mort et ne peut disparaitre.
    Le Pen est LE politicien le plus fin et le plus habile de notre paysage politique. Pourquoi? car il se bat pour des valeurs et non des privilèges.
    Sio parti, et lui même, disent tout haut ce qui se chucotte tout bas. C’est une soupape indispensable pour notre Démocratie. Etre patriote, ce n’est pas être raciste! Cette insulte proférée contre les électeurs du FN est indigne. Mais force reste et revient aux électeurs. Et là, loin d’être démotivés, partis on ne sait où… la base de l’électorat du FN est là et bien là…et pour longtemps.
    Les basses manoeuvres des instituts de sondage, sous la coupe financière des partis « traditionnels », ne leurrent plus personnes. Comme les politiques désavoués, ces instituts jouent leur crédibilité et perdent leur âme,…

  2. SO dit :

    « Être patriote, ce n’est pas être raciste! »
    100 % D’accord avec toi.
    ce mot ne veut plus rien dire, il sert d’excuses à tout bout de champs.
    la liberté d’expression n’est plus.
    j’ai même peur de laisser ce commentaire…!
    pauvre france

  3. emma dit :

    Tout à fait d’accord! être patriote n’est pas être rasciste! j’aime la France et être Française! et ne supporte plus que certaines personnes la salisse.

  4. nono dit :

    Marine Le Pen parle ‘vrai » lorsqu’elle s’exprime sur la laïcité, l’immigration, le communautarisme, l’insécurité, le retour à l’Europe des Nations
    Comment faire confiance à Nicolas Sarkozy, champion des promesses non-tenues ? et à une gauche laxiste et angélique, donc dangereuse ?

  5. Anadrol dit :

    Merci Degis, voila qui est bien parlé !

    J’espère qu’un jour les français ouvriront enfin tous les yeux, et ce jour là il y aura enfin un changement profond dans notre pays.

  6. Usky dit :

    Je me permet de reagir à cette information sur 2 points :
    1- Le FN a eu 3 200 194 voix au regionales 2004, 3 834 530 voix pour les elections presidentielles, et 2 223 800 voix au 1er tour 2001 (données du minitere de l’interieur. Soit le plus mauvais score du FN depuis longtemps.
    2- Les militants du FN se sont toujours montrés présent à toutes les elections par rapports aux militants PS et UMP.

    Il était donc prévisible que le FN ferait un score en proportion plus élevée que d’habitude, vu que l’abstention allait etre élevée.

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