Martine Aubry en position rêvée. Nicolas Sarkozy, piètre stratège. C’est un bouleversement politique qui marque le retour d’une opposition forte et cohérente.
Un PS dominant, dirigé par Martine Aubry, un leader qu’il est maintenant difficile de contester. Au côté de ce bloc socialiste, il y a les écologistes. Assez forts pour peser et pour donner à l’ensemble de la gauche parlementaire une ampleur imposante. Le poids des verts n’est cependant pas assez important pour leur permettre de contester le leadership de l’opposition au PS. Du coup, l’équilibre des forces est assez sécurisé. Pour atteindre les 50% symboliques au niveau national face à une droite parlementaire qui ne fait pas 30%, il faut aussi l’apport du Front de gauche. Là encore, son score est parfait pour le PS. Pas assez fort pour peser sur le contenu programmatique de l’ensemble de la gauche, mais plus important que celui du MoDem, ce qui dissout le caillou dans la chaussure du PS. La question qui fâche et divise au PS, c’était «faut-il s’allier avec le MoDem». Cette question est maintenant secondaire.
Sarkozy, facteur de défaite?
A l’inverse, l’UMP se retrouve dans la pire des situations. Et avec elle le président. Arriver en seconde position au niveau national fait de la stratégie du parti unique une tactique inefficace. Nicolas Sarkozy va perdre de l’autorité sur sa majorité. L’UMP c’est lui, le parti unique, c’est lui, la campagne c’était lui, jusqu’au bout, jusqu’aux derniers jours avec l’interview qu’il a accordée vendredi dernier au Figaro Magazine.
Nicolas Sarkozy n’a jamais fait l’unanimité au sein de la droite parlementaire, mais chacun le suivait, lui reconnaissant quand même une certaine habileté tactique. Un sens de la stratégie qui avait consacré «le retour du politique» et permis de redonner espoir à toute une frange de la population qui utilisait le Front national pour crier son exaspération. Ça ne marche plus. Le FN retrouve ses bastions. Le risque pour le président vis-à-vis de sa majorité, c’est qu’elle commence à voir en lui un facteur de défaite.
Que peut-il changer? De politique, certainement pas. Ce sont des élections régionales. Il l’a dit: conséquences régionales. De Premier ministre, certainement pas. Ce serait contreproductif et puis personne ne pense que la politique du gouvernement est dirigée depuis Matignon. Tout se fait depuis l’Elysée, chacun le sait. On ne change pas le chef de cabine quand le pilote rate un atterrissage! Il peut changer de rythme car le rythme effréné que l’on décrit depuis bientôt trois ans c’est celui des annonces de réformes plutôt que celui des réformes elle-même. C’est donc ce qu’il y a de plus facile à changer mais c’est aussi une question de personnalité. Les mois qui viennent vont lui donner l’occasion d’agir sur la scène internationale. Le président va tenter de réaliser la réforme des retraites. Il a déjà laissé entendre qu’elle se fera via une large concertation. On peut imaginer que le président (vu le nouveau rapport de forces politiques) voudra, à cette occasion, non pas passer en force, à la hussarde, mais plutôt tenter de se fabriquer un habit de président rassembleur et serein. Là encore c’est aussi une question de personnalité. Le peut-il? Ce sera tout l’enjeu des mois à venir, avant la pause annoncée pour 2011.
Thomas Legrand
Photo: Le 4 mars 2010 à Marignane. REUTERS/Jean-Paul Pelissier















Je pense que Monsieur Nicolas Sarkozy n’a plus qu’une solution à faire, si il veut conserver le pouvoir et ne pas connaître en 2012 l’échec électoral de 2010, c’est qu’il soit proclamer « président de la république à vie ».
N. Sarkozy va naviguer à vue pendant encore 1 an et demi en essayant de ne pas se dédire sur ses « réformes » et en évitant les chicayas à l’UMP (le rythme des « réformes » a déjà fortement ralenti). Pour le reste, une petite troupe doit déjà plancher sur le slogans qu’il va essayer de vendre pour 2012. Comme il ne pourra pas refaire le coup de la rupture et qu’il n’est pas capable de rendre l’état efficace et impartial, il va faire du Chirac. La France doit vivre malgré ses dirigeants.
je ne voudrais pas paraitre désobligeant , mais tout ce que ce président entreprends se transforme en échec .
auparavant nous avions « manitas de platas » , avec Sarkozy nous avons » manitas de mierdas « ..
cela parait incroyable mais depuis l’épisode de la poupée vaudou ,rien, plus rien ne va…(je plaisante).
plus sérieusement , je pense que son style antipathique et arrogant et irréfléchi agace beaucoup en France et à l’étranger.
tout ce qu’ il appris en politique avec Pasqua etChirac, c’est comment se faire élire .
il aurait mieux valu qu’il apprenne le savoir vivre et surtout le savoir vivre ensemble.
il ne nous reste plus qu’à esperer un nouveau dirigeant apte à une gestion apaisée et éclairée du pays , et vite oublier ce politicard du 9-2 capable de tout et surtout du pire .
Sarkozy est excellent mais il est victime de la crise.
La gauche aurait fait bien pire à sa place et comme les français sont des veaux…
@Fabrice
Sarkozy représente à lui seule « la crise » néolibérale d’aujourd’hui il s’écriait avant la crise « endettez vous comme les américains », comme il représente la crise environnementale des côtes de Vendée lorsqu’il réclamait que l’on puisse construire plus facilement en zone inondable… c’est le principe de précaution à la Sarkozy.
Il y a encore des Français pour écouter les imbécilités quotidienne de cet homme et y croire, certains même voteraient pour lui j’en suis sûr ! Il suffit pour cela de ne pas avoir de mémoire et de regarder la TV tous les jours plutôt que de s’informer en vérité.
Au centre toute
NS est effectivement un bien un piètre stratège. Certains ont choisi de n’être ni de drte ni de gche, lui voudrait être la droite et gauche à lui tt seul
A drte il a éliminé tte alternative à l’UMP, instauré un régime hyperprésidentiel, s’entoure de ministres trop souvent porte serviette, de qq porte flingues qu’il charge de se salir les mains et même d’un troll comme l’expliquait si bien V.Glad. Quant aux députes il sont priés de rester au garde à vous. Dans ces conditions seul l’électorat de drte qui refuse de voter FN vote UMP
La gche, il lui ouvre grand les portes et le fait savoir. L’électorat de gche en demande plus encore évidemment.
Et les centristes
ils ne peuvent voter pour cette offre unique et embrigadée à droite
comprennent que ce sont les hommes de gauche qui font avancer le débat avec leurs idées qui sont loin d’être monolithiques. Alors votons pour la gauche en attendant de savoir qui et quel programme ils nous proposeront aux prochaines échéances. Mais peut -être y aura t il alors une alternative à droite En attendant le centre vote à gauche
Il ne faut pas prendre les électeurs pour des imbéciles Mr. S,même pas les centristes. Bon dimanche
Culbuto
Tout doux, monsieur Legrand, tout ce que vous écrivez est bel et bon, sauf que vous oubliez de dire qu’aucune élection intermédiaire n’a jamais été remportée par le pouvoir en place; qu’il y a eu près de 24 millions d’abstentionnistes ce qui n’est pas en faveur d’un « PS dominant » dans le pays; si l’on compare le résultat des élections régionales de 2004 et 2010, la droite perd 3 millions d’électeurs mais la gauche n’en gagne pas, alors que le corps électoral a augmenté de 2,6 millions de personnes.
Il me semble que le temps du triomphalisme n’est pas encore venu, quoi que vous en pensiez.