Estimations TNS Sofres- Liste UMP : 29,50% Liste socialiste : 27,36%. FN: 12,25%. EE: 11,32%
Ainsi donc un certain François B. (hier encore inconnu des troupes citoyennes régionales) devrait, sous huitaine, l’emporter. Et du même coup souffler la place magistrale à Hervé Novelli. Oui, François B., héros d’un récent sondage démontrant que son nom était le moins connu (7%) de tous ceux des présidents des conseils régionaux français, atomisant donc H. Novelli, chantre souriant de l’auto-entreprise, homme de bon rapport, secrétaire d’Etat connu de tous les téléspectateurs français. Plus précisément Hervé Novelli: secrétaire d’Etat chargé du Commerce, de l’Artisanat, des Petites et Moyennes Entreprises, du Tourisme et des Services. Hervé Novelli venu de Paris pour épouser enfin durablement une terre ligérienne comme en leur temps et à leur manière le firent Michel Debré ou Jean Royer.
«Centre» que les sécateurs des derniers cartographes nationaux républicains ont haché, tailladés entre Beauce et Berry, Tours et Orléans. Puis au final six entités départementales que tout oppose. Six entités dont le seul point commun est une improbable médiane ligérienne: Eure-et-Loir qui lorgne langoureusement vers l’Ile-de-France urbaine; Indre et Cher étrangement attirés vers les faméliques terres limousines; Loir-et-Cher enfermé dans la schizophrénie (entre terres à blé et pauvres argiles des étangs de Sologne); Loiret et Indre-et-Loire ennemis depuis et pour toujours.
Mais encore? Labourant électoralement et consciencieusement ces terres Hervé Novelli (maire de Richelieu, député d’Indre-et-Loire, 61 ans depuis quelques jours, petit regard malicieux et satisfait à la François Hollande…) a bien tenté de résoudre l’équation: «Si je m’engage si fortement aujourd’hui, ce n’est pas pour obtenir une victoire personnelle. Je suis profondément convaincu que notre région doit redevenir la somme, et non la négation, des territoires qui la composent: la Touraine, l’Orléanais, le Berry, la Sologne, le Val de Loire, la Beauce, le Perche ou le Drouais.» Le Drouais? Beaucoup de lapins ici ; pas mal de carpes.
Hervé Novelli (jeunesse assez rugueuse rappelle-t-on volontiers depuis peu dans les rangs adverses, sans guère d’effet) aujourd’hui chevalier régional de l’UMP (dont il est «conseiller politique») sut aussi faire diablement preuve de modernité. Il l’a fait ainsi en prenant quelques initiatives (et risques personnels) sur les ondes télévisuelles. Cet ancien «étudiant-en-mai-1968- militant-actif- dans-les-mouvements-anti-communistes-jusqu’en-1971- où-il-commence-son-service-militaire» assure ne pas faire partie du premier cercle sarkozyste. Pour autant, le président de la République est bel et bien venu le soutenir un instant dans la glaise régionale. Tout allait bien alors, ou presque.
Puis vinrent les derniers sondages. Et, début mars, celui de l’Ifop (pour Paris Match et La Nouvelle République): dans le meilleur des cas, au second tour, 46% pour Hervé Novelli versus 54 % pour François «B.» «Bonneau». Au point de voir Martine Aubry venir adouber – publiquement et à deux reprises – son gentil champion (56 ans) issu des rangs de l’éducation nationale. Un dauphin très fermement cornaqué par Jean — «Louis XI» — Germain, maire, socialiste, de Tours omnipotent premier vice-président du conseil régional en partance, déjà, vers le Sénat.
Inversion brutale des vapeurs. «Novelli pourrait bien tomber de haut», titra Paris Match début mars. « Bonneau, sauf accident, l’emportera sans mal » confiait au même moment un éditorialiste affûté de La Nouvelle République.
Au premier tour de 2004, Michel Sapin (PS-PCF-Verts) réalisait 38,15%, puis 49,15% au second tour; Serge Vinon (UMP) faisait 20, 71% puis 34,39%, après une triangulaire imposée par le Front national (16,46% au final). Aujourd’hui, donc: Région Centre. Soirée du dimanche 14 mars. Premières fourchettes Liste UMP : 29,50% Liste socialiste 27,36%. Score sans appel? Si oui, question pour bookmakers ligériens et nationaux: combien le nouveau lièvre bondissant rendra-t-il, dimanche prochain, à la tortue socialiste?
Jean-Yves Nau (à Tours)
Photo Hervé Novelli, REUTERS/ Gonzalo Fuentes













