Les 11 «réponses à tout» probables de l’UMP pour la soirée électorale
A partir de 20 heures sur les plateaux de télévision, les ministres et dirigeants de l’UMP vont expliquer aux Français pourquoi ils ont quand même gagné, quels que soient les résultats du vote. Vademecum des «éléments de langage» les plus probables, à ré-écouter en boucle sur toutes les antennes.
1. «L’UMP reste le premier parti de France»
Si l’UMP et ses alliés dépassent le Parti socialiste dimanche soir, Xavier Bertrand pourra continuer à proclamer que le Mouvement populaire est le premier de France. C’est la dernière élection avant 2012, donc l’argument vaudra pendant les deux prochaines années et la campagne présidentielle. Les sondages de vendredi donnaient certes pour la première fois le PS devant l’UMP au premier tour, mais l’écart est trop faible pour être significatif: depuis plusieurs mois, l’UMP restait logiquement en tête, puisque la liste rassemble le Nouveau Centre et les partis associés de la majorité.
2. «L’UMP fait mieux qu’en 2004 / 2007 / 2009 (au choix)»
Si l’UMP est toutefois battue par le PS, le parti trouvera probablement un point de référence favorable dans les élections précédentes. Nicolas Sarkozy avait par exemple obtenu 31,18% des voix au premier tour de 2007: se maintenir à ce niveau prouverait que son socle électoral est solide. En 2004, les listes UMP/UDF étaient à 33,73%, et en 2009 aux européennes, l’UMP pesait 27,9%. N’importe quel score supérieur garantirait une «progression.»
A l’inverse, si Jean-Paul Huchon, tête de liste PS en Ile-de-France, fait moins que ses 32% de 2004, une hypothèse très probable à cause de la concurrence d’Europe Ecologie, Valérie Pécresse (UMP) ne manquera pas de lui rappeler.
3. «L’UMP va gagner en nombre de conseillers régionaux»
Si les pourcentages ne suffisent pas, Xavier Bertrand espère un rattrapage en nombre d’élus: «j’ai le sentiment que nous allons progresser en nombre de conseillers régionaux», a-t-il prédit lundi dernier. Malgré une défaite, la droite pourrait effectivement gagner des sièges grâce à la baisse attendue du Front national. En 2004, le FN s’était maintenu dans 17 régions (14,7% des voix en moyenne). Cette année, les sondages sont mauvais et présagent des triangulaires avec FN dans une dizaine de régions seulement. Mathématiquement, cette absence profitera aux listes UMP.
4. «La gauche va maintenant négocier des arrangements secrets en sous main»
A la question inévitable sur l’échec de la stratégie d’union de la droite au premier tour, vous pouvez être certain de la réplique de Xavier Bertrand: les socialistes, eux, vont maintenant s’enfermer à huis clos et négocier à couteaux tirés, voire frénétiquement, avec les autres partis de gauche pour se répartir des sièges. «Comment expliquer aux électeurs que les socialistes et les Verts, qui ont géré les régions ensemble pendant six ans, ne se présentent pas unis au 1er tour et qu’entre les deux tours, ils se rassembleront?» a déjà persiflé Bertrand vendredi. En substance, les candidats de gauche se détestent, quand la droite est unie dès le premier tour. Françaises, Français, choisissez la transparence.
5. «La seule chose qui les unit, c’est leur anti-sarkozysme»
L’argument est répété notamment par Frédéric Lefebvre, pour dénoncer les alliances à gauche entre des partenaires qui ne seraient d’accord sur rien, sauf le partage du pouvoir. Un grand classique de la gauche plurielle.
6. «Nicolas Sarkozy, en 2007, n’avait pas de réserves de voix et il a gagné quand même»
Quand les journalistes demanderont dans quelles réserves de voix la majorité piochera au second tour, attendez une référence à 2007. «Je me crois revenu en 2007 quand j’étais porte-parole de Nicolas Sarkozy, j’entendais: Nicolas Sarkozy, formidable candidat de premier tour, quel dommage, il n’a plus de réserves au second… Il est passé de 31 à 53% des voix», a dit Xavier Bertrand. Il oublie que la situation était bien meilleure en 2007: la droite totalisait 45% des suffrages au premier tour (en incluant le FN), contre moins de 40% aujourd’hui (38,5% chez TNS-Sofrès vendredi). Surtout, de nombreux électeurs de François Bayrou sont, depuis, partis au PS et chez Europe Ecologie.
7. «Les Français détestent que les commentateurs fassent l’élection à leur place»
Déroute annoncée pour le second tour? «Rien n’est joué, c’est aux Français de décider, pas à France Inter», a souligné Frédéric Lefebvre vendredi. «C’est une élection à deux tours», rappelez-vous. Comme à chaque interview et chaque élection, les perdants des sondages vont donc expliquer que ce n’est pas le microcosme politico-médiatique qui fait les élections, mais les Français. Les références historiques seront revisitées: «En 1998, tout le monde nous disait que la France allait être complètement rose, que le PS allait tout gagner. En 2001, aux municipales, l’avant-veille du scrutin on nous disait, le PS va tout remporter, mais ça ne s’est pas passé comme ça», se souvient Xavier Bertrand. C’est la bonne vieille technique du contradicteur idiot, celui à qui on fait dire n’importe quoi pour le contredire avec bon sens.
8. «On nous annonçait une vague rose, c’est raté!»
Si la gauche fait moins bien que dans les derniers sondages, surtout en Alsace et en Corse, les deux régions métropolitaines encore à droite, la majorité sauvera la soirée. «Les Français en ont assez d’entendre Martine Aubry dire qu’elle veut repeindre toute la France en rose», a annoncé Christian Estrosi. Jamais Martine Aubry n’avait été autant citée par ses adversaires, qui l’accusent d’«arrogance» en proclamant vouloir faire le «grand chelem». C’est le paradoxe: même si la gauche re-gagne les 20 régions qu’elle détient, la droite se proclamera victorieuse de n’avoir pas perdu les deux régions restantes. Et si la gauche perd une région, la victoire sera totale?
9. «Martine Aubry se fiche des régions, elle prépare 2012»
Puisque Nicolas Sarkozy, fin janvier sur TF1, annonçait que l’enjeu de ce scrutin serait strictement régional, l’UMP va critiquer l’instrumentalisation des régions par le PS et ses dirigeants. Que dit Bertrand?:
Ce que vise Martine Aubry, c’est avant tout de préparer les primaires du Parti socialiste pour la présidentielle. Les élections régionales ne sont pas son sujet. D’ailleurs, le résultat est déjà un enjeu de rivalité, Gérard Collomb a déjà dit que ce ne serait pas la victoire de Martine Aubry. Les couteaux sont en train de s’aiguiser au Parti socialiste…».
Feu à volonté également sur les « régions contre-pouvoirs » que la gauche voudrait ériger face au gouvernement… et au détriment des Français.
10. «L’abstention arrange les socialistes»
L’abstention, bouée de sauvetage rhétorique de l’UMP. Son mauvais score serait relativisé par une forte abstention, c’est-à-dire supérieure à 2004 (39%). Et si l’abstention est forte, c’est à cause… des Socialistes. «Les socialistes ont évité de parler du fond pour favoriser l’abstention», clame Frédéric Lefebvre.
«Tous les rideaux de fumée qui ont été mis en permanence, ce truc ridicule sur Frêche, où on a eu un feuilleton qui a occupé toutes les antennes, pendant des semaines et des semaines, tout ça pour ne pas parler du bilan catastrophique de la région Languedoc-Roussillon ».
En un mot, le PS aurait manipulé la campagne pour la rendre inintéressante, et donc gagner.
11. «Les réformes vont continuer»
Enfin, si vous comptiez sur une inflexion de la politique gouvernementale, voire un remaniement, vous avez tout faux puisque le vote n’est pas un référendum anti-Sarkozy. Le président lui-même a indiqué au Figaro Magazine que «le scrutin des 14 et 21 mars [était] un scrutin régional : ses conséquences seront donc régionales» – tout au plus y aura-t-il une pause après la réforme des retraites. Le gouvernement va donc continuer à travailler sereinement: «nous avions pris tant de retard, enfermés dans le politiquement correct et la pensée unique», a embrayé Christian Estrosi vendredi.
Oubliez donc qu’en 2004, Nicolas Sarkozy avait recommandé le départ du Premier ministre Jean-Pierre Raffarin pour tenir compte de la défaite de la droite aux régionales.
Ivan Couronne














Bravo ! Félicitations ! ça, c’est du journalisme d’anticipation.
Ce n’est pas la dernière élections avant 2012. Il y a les Cantonales en 2011 si je ne m’abuse ?
Pas mal! Beaucoup de parti pris néanmoins. Côté Aubry et Royal, pas de démagogie et de mensonges?
Ca sent le site de socialos aigris par ici
avec un taux d’abstention si important,la gauche n’est pa sure de gagner le 2éme tour ?
et 12 : si l’abstention a été si forte, c’est la faute aux présidents de région sortants ! Celle-là, on ne l’avait pas vu venir.
J’ai apprécié la finesse de votre anticipation.
J’ai passé la soirée sur les trois chaines nationales et le débat reproduisait exactement les termes de votre article. Conclusion, ou bien vous avez des dons de voyance, ou bien les responsables politiques ont lu votre article avant de se présenter face aux caméras.
Ensuite l’on dira que les journalistes ne sont pas dignes de leurs fonctions.
Bravo encore.
Et après la claque que l’UMP, et j’espère qu’elle va être ressentie jusqu’à l’Elysée, a reçu ce soir, ils vont ENCORE dire que c’est à cause de l’abstention ?
Prouvons-leur qu’ils ont raison ET METTONS-LEUR UNE CLAQUE ENCORE PLUS GRANDE DANS UNE SEMAINE !!!
Et plus fiable que les sondages en plus…
)
Manquait juste » l’abstention c’est la faute au bilan des présidents de regions PS qui non seulement sont inconnus de leurs administrés, mais qui en plus n’ont pas expliqué à quoi servait une region »
C’est vrai que Mr Bechu UMP Pays de Loire qui mettait en avant la gratuité du transport scolaire ( compétence des départements, qu’il n’applique même pas lui même dans le sien) ça aide les electeurs …
Bien vu !
au début on a envie de rire,
et pis après on se dit que vous avez une carte de presse,
et là on pleure.
l ump dit vouloir combattre le front national!alors pourquoi faire appel aux electeurs du front national au deuxieme tour??c est vrai avec besson ce st la meme politique.vive l ump national cela devrait etre ne nouveau signe um national
l’ump me degoute ils ont fait trop de casses ils vont se prendre la tempete du siecle sur eux moi qui sui de droite j’irais voter au secont tour pour un autre partis