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Entretien avec Paul Alliès: «Frêche n’est plus à gauche»

Porte-parole d’Hélène Mandroux et numéro deux de la liste PS en Languedoc-Roussillon, Paul Alliès ne mâche pas ses mots à l’endroit de Georges Frêche qu’il accuse de faire de «l’antipolitique».

Les deux derniers sondages locaux (Ifop pour Midi Libre et Opinionway pour l’Agglo-Rieuse) créditent la liste PS conduite par Hélène Mandroux de respectivement 12% et 8% des intentions de vote au premier tour, contre 32% et 35% pour la liste Divers Gauche de Georges Frêche. Un fossé considérable que Paul Alliès, Proche d’Arnaud Montebourg et professeur d’histoire politique, justifie par l’ancrage politique de plus en plus à droite du président sortant de la région.

Etes-vous inquiet de l’évolution des sondages depuis un mois qui créditent votre liste de 6% à 12% des intentions de votes au premier tour? Comment expliquer ce grand écart d’un sondage à l’autre?

Paul Alliès: Notre liste n’arrête pas de monter et de descendre dans les sondages, cela traduit un état d’inquiétude de l’électorat socialiste qui a de quoi s’interroger quand on voit l’évolution de Georges Frêche qui lui fait perdre ses repères. Ce n’est pas banal dans l’histoire du PS que de voir des secrétaires fédéraux exclus du parti à un mois des élections. Nous assumons localement cette situation.

Arnaud Montebourg a déclaré mercredi que Georges Frêche était le «deuxième candidat de la droite», êtes-vous d’accord avec lui?

Oui, il a absolument raison. Les déclarations de Frêche le prouvent, puisqu’il se réjouit d’avoir des voix en nombre du Front national et de l’UMP, il se réjouit d’être bientôt élu (le 21 mars) contre tous les partis… S’il se situe à gauche en disant ça, il faut me l’expliquer! Depuis trois semaines, il y a des éléments nouveaux dans sa campagne électorale: non seulement sa dépolitisation mais aussi le fait qu’il se glorifie que son électorat soit issu de la droite et de l’extrême droite.

Mais n’est-il pas «normal» qu’un candidat cherche à recueillir des voix au-delà de son propre camp politique?

A trois jours d’un scrutin, quand un candidat envoie une profession  de foi où il n’y a pas un seul mot de politique, on est droit de s’interroger sur son ancrage à gauche. 72% des électeurs du FN disent voter pour Frêche au second tour si France Jamet (candidate FN) n’est plus en lice. Ces indications montrent bien une évidence: Frêche n’est plus à gauche. De fait, il penche de plus en plus à droite, d’ailleurs il estime lui-même que Sarkozy et lui se ressemblent comme deux gouttes d’eau.

Georges Frêche joue beaucoup sur l’antagonisme Paris-province pour toucher de nouveaux électeurs. Comment l’analysez-vous en tant que Languedocien (Paul Alliès est né à Pézenas, dans l’Hérault, NDLR)?

Quand Georges Frêche dit: «Nous avons ressuscité un certain irrédentisme languedocien», (Midi Libre 11 mars), qu’est-ce que ça signifie? Qu’il renoue avec la tradition félibriste de l’Action française? C’est une vision qui flatte l’histoire politique de la région qui est à l’extrême droite. Georges Frêche utilise la vieille tradition en Languedoc-Roussillon qui consiste à opposer le bas contre le haut, la province contre Paris, le peuple contre les élites et ainsi de suite… C’est ce qu’on appelle du populisme au sens historique du terme: mobiliser le peuple pour faire de l’antipolitique. Renouer avec cette histoire-là est gravissime! Pour ma part, j’ai toujours été un militant de la région, sans jamais céder un pouce de terrain à cette idéologie qui n’est rien de moins qu’un micronationalisme réactionnaire.

Comment expliquez-vous que Georges Frêche jouisse encore d’une si grande popularité dans la région?

C’est d’abord un président sortant qui joue sur tous les registres en prétendant qu’il est à la fois la gauche et la droite. Et il est évident, je le répète, qu’il va prendre beaucoup de voix à la droite. Les listes UMP et FN ont pour l’instant des prévisions bien inférieures à leur niveau national mais aussi à leur niveau traditionnel dans la région (respectivement 21,5% et 8% des voix selon dernier sondage Midi Libre NDLR).

Mais il est aussi et surtout celui qui est au pouvoir  depuis trente-sept ans (député de l’Hérault dès 1973 et maire de Montpellier de 1977 à 2004, aujourd’hui président du conseil régional et de l’agglomération de Montpellier NDLR). Il a créé un système de pouvoir qui repose sur le clientélisme vis-à-vis des élus locaux et des associations, l’intimidation et la violence vis-à-vis de ceux qui lui résistent… Des choses qui ne sont pas originales en politique mais qui sont poussées à l’extrême en Languedoc-Roussillon! Il y a  ici une concentration des pouvoirs expliquant qu’un tas de personnes, de groupes, d’intérêts, d’associations, d’élus (…) sont enchaînés à Georges Frêche. C’est un système très puissant qui ne repose pas que sur une seule personne. Cela défierait totalement les lois de la sociologie et de l’histoire électorale si Georges Frêche devenait soudainement minoritaire même en perdant l’étiquette du PS!

Justement, parmi les partisans frêchistes, il y a aussi de nombreux militants PS et quand Martine Aubry depuis la rue de Solférino, leur ordonne de se désolidariser de Georges Frêche, 59 d’entre eux ne le font pas et préfèrent se faire exclure du parti; c’est quand même un acte fort, non?

Comment ils ne le font pas? Et Mandroux (maire de Montpellier) et André Vézinhet (président du conseil général de l’Hérault)…? Ce n’est quand même pas rien. On a assez reproché au PS dans les derniers mois de ne pas avoir réglé le cas Frêche! Aujourd’hui c’est fait, le PS a pris ses responsabilités et a exclu Georges Frêche et ses soutiens le 23 février dernier.

Mais cette décision n’a-t-elle pas été prise trop tard?

Si, bien sûr que si, mais en ce qui me concerne, cela fait trois mois que je me bats pour clarifier les choses. Et quand un événement historique arrive, on ne discute pour savoir s’il arrive trop tard ou trop tôt et on réagit au plus vite par rapport à cet événement. Il est arrivé et le PS a bien réagi. Maintenant, ce qui m’intéresse aujourd’hui, ce sont les électeurs de gauche et pas les électeurs de droite.

Propos recueillis par Emmanuel Valette

Photo: Georges Frêche / REUTERS/Jean-Paul Pelissier

11 Réponses pour “Entretien avec Paul Alliès: «Frêche n’est plus à gauche»”

  1. orsi dit :

    mais c’est faux ! Frèche est vraiment à gauche au sens mitterandien. C’est toute la rue de solferino qui s’est embourgeoisée et qui est passée à droite en acceptant le sociètè libérale et les lois du marché, et qui ne soutient plus son électorat, ni les ouvriers, ni les salariés, ni la classe moyenne; D’où les gens de gauche qui ne votent pas Jospin en 2002 ou l’année dernière aux européennes. Aujourd’hui, les vrais socialistes, c’est Melanchon, Freche, Segolène Royal (parfois), pas les apparachicks rentiers de la rue d eSolferino ou du camp Mandroux.

  2. menard dit :

    Autrement dit, toutes les directions du parti socialiste en Languedoc Roussillon sont passées à droite.

    Il enseigne où ce docte personnage?

  3. Vincente Sevilla dit :

    Ce genre de propagande de la dernière chance est interdite dans les 48H avant une élection, dixit le Code Electoral.
    http://www.intox2007.info/index.php?post/2010/03/13/Code-Electoral

  4. lepat dit :

    Johan Hufnagel, eh ben on verra bien dans les jours qui suivent …. vous n’avez pas le droit, vous êtes un site d’information !!!!! il y a des lois, il faut les respecter !!!! l’info a été communiqué à l’équipe de campagne, nous saurons si vous êtes dans le vrai !!!!
    cordialement

    • Je suis un site d’informations, comme vous l’avez dit, pas le site d’un candidat, je vous le répète. Et je ne suis pas soumis aux obligations du CSA. Cordialement

  5. james dit :

    Pourquoi parler de propagande? Depuis quand est-ce interdit d’interviewer un candidat? Tout le monde parle de Frêche et sa présence médiatique écrase celle des autres dont on ne parle jamais.

    Cela n’en est que plus honnête et courageux de leur donner la parole!

    Vous n’êtes pas obligés d’être d’accord mais sachez au moins écouter d’autres idées!

  6. manstreamer dit :

    un site d’information? plutôt des commentaires douteux et partiaux ,à ne pas prendre au sérieux; une sorte de compromis entre » Fluide Glaciale » et « Voici  » mais dans le domaine de la politique et de l’économie . Juste une bonne tranche de rigolade pour ceux qui apprécient l’humour potache…

  7. bascoul jean louis dit :

    Paul Allies est le profil type de l’intellectuel en chambre. il n’a pas été capable de mener des élections convenables à Pézenas. alors il se fait un nom. Etre contre permet de récupérer la nototiété de l’autre quand on n’est pas capable de faire quelque chose de positif soi même. Paul Allies singe les bobos parisiens comme Montebourg et autres rigolos. Dommage qu’il ait saccagé le PS régional

  8. bascoul jean louis dit :

    Paul Allies n’a pas su gagner les élections à Pézenas. Est-il capable d’avoir une opinion politique valable ?
    Il profite du courant contre pour se faire un nom; Ce n’est aps très catholique

  9. bascoul jean louis dit :

    Paul Allies dit n »importe quoi.
    il est comme un amoureux déçu

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