Et si le FN passait devant l’UMP-Nouveau-Centre au premier tour des régionales? Voilà le syndrome «Jospin 2002» qui, toute proportion gardée, s’abat sur la droite nordiste. L’hypothèse n’est plus du tout saugrenue et mobilise les militants de base de la majorité présidentielle. Et cela se voit: au lieu de s’attaquer au bilan de l’exécutif sortant, Valérie Létard concentre ces derniers jours toutes ces attaques contre Marine Le Pen, leader de la liste du FN. Il faut dire que le feu couve. Tous les sondages locaux le confirment: à peine trois points sépareraient la liste UMP-Nouveau Centre de celle du FN, avec respectivement 20 et 17 % des voix au premier tour (sondages La Voix du Nord)
Les ténors de la droite bien absents
Lors de son dernier grand –tout est relatif– meeting, dans son fief de Valenciennes, la secrétaire d’Etat à l’Ecologie n’a parlé que de cela. Martelant sans cesse, un «elle n’a pas d’idée. Elle se permet de donner des leçons, mais elle n’a rien à proposer». Elle, c’est évidemment Marine Le Pen, que Valérie Létard ne cite pas nominativement. Pourtant dans la salle, chacun a compris. «Ça devient vraiment difficile maintenant. La fille Le Pen se rapproche. Va falloir inciter nos électeurs et sympathisants à vraiment se remuer», reconnaît un élu Nouveau Centre de Valenciennes. Bigre: jusque dans le territoire de Jean-Louis Borloo, la vague Le Pen s’annoncerait-elle plus dévastatrice que la tempête en Poitou-Charentes?
Apparemment oui, d’autant que le charisme de Valérie Létard affiche ses limites. La secrétaire d’Etat est bien seule, un peu comme l’avait été le jeune député UMP Sébastien Huyghes face à Martine Aubry lors des dernières municipales lilloises. La droite semble KO d’avance. Jean-Louis Borloo, ancien maire de Valenciennes, s’est étonnamment efforcé d’assurer une présence minimale, s’alignant ainsi sur l’attitude des autres ténors de la droite locale et nationale. Le Front national s’est engouffré avec aisance dans la brèche. Et ce d’autant plus facilement que l’actualité lui a offert une série d’opportunités: le Quick de Roubaix, Total à Dunkerque, les très mauvais chiffres du chômage dans la région, et naturellement l’incroyable affaire de la mairie d’Hénin-Beaumont.
Sans le dire, le PS observe la guerre des femmes des droites et attend. Il sait parfaitement que le temps joue en sa faveur. La certitude de la présence de la liste FN au second tour -exactement comme lors des dernières élections– va permettre à la gauche (qui va regrouper Europe Ecologie et le Front de Gauche) d’emporter une fois encore le siège de région. Seulement voilà, une catégorie risque bien de jouer les trouble-fête: celle des abstentionnistes du premier tour. Très majoritaires parmi les ouvriers, ils pourraient faire chuter le nombre de voix qu’ils accordent habituellement au PS et… au Front national.
Francis Dudzinski
Photo: Marine Le Pen, le 17 janvier 2010 à Hénin-Beaumont. REUTERS/Pascal Rossignol















L’hypothèse de M. Le Pen devançant V. Létard n’est effectivement pas une hypothèse d’école. Aux causes conjoncturelles favorables à M. Le Pen, il convient de rajouter celle, nationale, d’une déception de l’électorat de N. Sarkosy dont la séquence, non achevée, trouve son origine au mois de septembre 2009 : affaire Polanski défendu par F.Mitterrand ; affaire Mitterrand et sa mauvaise vie ; affaire Jean Sarkosy ; taxe carbone ; affaire Proglio ; boomerang du débat sur l’identité nationale ; absence à l’inauguration du salon de l’agriculture. Autant de signaux défavorables à destination de l’électorat traditionnel de droite et plus spécialement celui situé en milieu rural. Sans compter, à un degré moindre, mais qui a néanmoins son importance compte tenu du rôle de relais des élus locaux, plus nombreux proportionnellement en milieu rural , la fameuse réforme des collectivités locales. Au niveau régional, V. Létard a mené une mauvaise campagne, plombée ab initio par la mésentente avec Th Lazaro (Secrétaire départemental de l’UMP Nord) puis la décision de celui-ci de ne pas participer à la campagne électorale : cette acrimonie pouvant se justifier par le fait que celui-ci avait été désigné par les militants UMP comme tête de liste. Difficulté pour V. Létard d’être elle-même, toute chaperonnée qu’elle a été par les caciques UMP régionaux. Erreur de casting enfin dans la composition de la liste (peu d’élus ruraux au profit d’élus de Lille Métropole ou de grands centres urbains) qui se traduira dimanche soit par une abstention importante, soit plus probablement par un vote massif de cet électorat vers la liste de M. Le Pen, qui, à rebours, a mené une campagne efficace. Le score d’Europe écologie sera également intéressant à observer dans les communes rurales dans la mesure où coexistent, à présent, deux types de ruraux dans nos campagnes, à plus forte raison dans une région comme le Nord-Pas-de-Calais.
Mis à part sur le plan symbolique, l’UMP n’a rien à perdre à être dépassée par le FN. Pour accéder au second tour, il suffit d’obtenir plus de 10%. La comparaison avec Jospin n’est donc pas tout à fait exacte.
je rêve de plusieurs 2002 !
2002 c’était si beau!!! il nous faut beaucoup mieux maintenant et vite
la victoire vite! pourquoi mon commentaire ci-dessus est-il en attente de modération