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Royal, le développement personnel

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Discrète sur le plan national, Ségolène Royal mène a contrario dans son fief une campagne détonante. Une stratégie résolument personnelle qui fait du bruit et déjà quelques dégâts collatéraux, localement.

Pas vraiment à la fête en 2009, Ségolène Royal. Critiquée et délaissée au sein de sa propre formation, amoindrie dans les sondages, l’arrivée de 2010 a sonné comme un printemps pour la présidente de région et son équipe. L’ancienne candidate socialiste à la présidentielle pouvait enfin partir en campagne dans la région qu’elle préside depuis 2004. Et ceux qui se frottaient déjà chaleureusement les mains quant à son silence assourdissant aveu de recul à leurs yeux – ont dû très vite se boucher les oreilles.

Un retour en fanfare

Quand, le samedi 16 janvier, date de son meeting de lancement de campagne à La Rochelle, Ségolène Royal a repris le micro, cela a fait du bruit dans le landerneau. L’annonce de sa liste de «rassemblement» («Une énergie d’avance») avec des «prises de guerre» chez les Verts, le ralliement de deux délégués syndicaux emblématiques des luttes phares de la région (Heuliez dans les Deux-Sèvres et New Fabris dans la Vienne), un ancien militant CGT cheminots et surtout, du MoDem de Charente-Maritime acceptant les 5 places éligibles a donné le ton. Depuis, c’est elle qui donne le tempo de cette campagne. Convaincue de son bilan, engagée sur des dossiers chauds, Heuliez en particulier, sûre de «faire de Poitou-Charentes la première région de l’excellence environnementale», Ségolène Royal est assurée, à moins d’une catastrophe, d’être reconduite à la tête de la région. Une nouvelle présidence que l’ancienne ministre des deux derniers gouvernements socialistes aimerait gagner le plus largement possible en impulsant une belle dynamique derrière elle dès le soir du 14 mars. Il en va aussi de son avenir politique national.

Déjà des dommages collatéraux locaux

Mais cette campagne lancée tambour battant -«beaucoup trop clivante», confie un militant– pourrait laisser des traces. Les dommages «locaux-latéraux» ont déjà débuté. La première secousse est venue de militants et sympathisants locaux du PS qui ont exprimé très clairement leur désapprobation quant à l’arrivée du Modem sur leur liste aux régionales via une lettre adressée à leur candidate. Extraits…

«En ignorant les votes des militants socialistes, la position définie par les instances nationales du PS et la formation politique que vous êtes censée représenter, vous avez fait un choix politique significatif, celui de vous affranchir de notre parti. Aujourd’hui, vous voulez rassembler sur votre nom plutôt que sur un programme, contribuant ainsi à brouiller, un peu plus, les repères de chaque citoyen et de chaque militant de gauche.»

Parmi les signataires, Daniel Vailleau, militant PS de Charente-Maritime, n’hésite pas à exprimer son inquiétude. «Depuis la rédaction de notre lettre, nous avons été en partie entendus puisque des socialistes d’abord présents sur la liste “Une énergie d’avance” en Charente-Maritime puis retirés par Madame Royal ont finalement été réintégrés. Aujourd’hui, campagne oblige, c’est un peu la paix des braves. Mais je peux vous assurer que le questionnement persiste et qu’il y a en coulisses de très fortes tensions.»

Un cran au-dessus, Alain Morange, secrétaire de la section PS d’Angoulême, a tout simplement décidé de quitter le navire en ralliant la liste Front de gauche de son département… «L’alliance avec le MoDem a été le geste de trop. Avec ce choix, à mes yeux, Ségolène Royal n’est plus dans la ligne du PS. On ne peut pas s’associer avec un parti qui cautionne le capitalisme et le libéralisme. Au Front de gauche, je porterai véritablement la parole du PS. C’est en tant que militant que j’agis, sans l’accord du PS. Mais je ne quitterai pas pour autant mon parti. A moins que l’on me mette à la porte…»

L’affaire de la liste met aussi en lumière un fonctionnement qui ne passe plus: «Il n’y a pas de dialogue possible, puisque les militants locaux ne sont tout simplement pas écoutés, ajoute Morange. Nous avions arrêté les listes ensemble. Et finalement Ségolène Royal, de manière unilatérale, rejette notre travail. Ce n’est pas possible de fonctionner comme cela.» Ce petit jeu perso qu’il dénonce, il le voit aussi sur les documents de campagne: «Le logo du PS est relégué en minuscule en bas de page Ce n’est pas ma conception d’un mouvement politique démocratique.»

Des critiques plus larges

Ce comportement autocentré fait indiscutablement partie des critiques récurrentes adressées à Ségolène Royal. A la région aussi, où son mode de gouvernance est jugé autocratique. «C’est elle et son directeur général des services, Jean-Luc Fulachier, qui décident de tout, déplore un employé de l’Hôtel de région. Les échanges sont réduits au minimum. C’est usant et très frustrant de travailler dans ces conditions.»

Pas facile d’avoir des témoignages autres qu’anonymes de ses détracteurs. Les plus virulents –pour la plupart issus de son propre camp– la considère comme méprisante et manipulatrice. «Pour savoir la vérité avec elle, il faut toujours prendre le contraire de ce qu’elle dit», souligne un ancien élu du PS. Le PS, espère-t-on dans les rangs de certains militants locaux, devenu en Poitou-Charentes le Parti de Ségolène, ne devrait pas supporter trop longtemps cette situation. A moins d’un raz-de-marée Royal les 14 et 21 mars.

Xavier Laleu, à La Rochelle

Image de une: REUTERS/Regis Duvignau

10 Réponses pour “Royal, le développement personnel”

  1. Mart dit :

    C’est curieux comme vous ne soulignez pas les tensions dans les autres régions : par ex l’IDF où j’habite où les militants ont mal approuvé les listes en décembre et sont très déçus des choix de candidats dits d’ « ouverture ».
    Peut-être qu’il faut être un groupuscule minoritaire rejeté par sa base (Pouria) et écrire des courriers pour faire parler de soi. Ou alors plus simplement s’opposer à Royal (quitte à se retracter par la suite) car il est vrai que les journalistes adorent ça.

  2. marcel dit :

    C’est vrai qu’Aubry qui a pris le PS en trichant c’est beaucoup mieux ! Hein Mr le journaliste ? Cela ne vous dérange pas des fraudes anti-démocratiques hein ? Triste médias. Royal va se balader et laminer un ministre. Cest le peuple qui décide et on est bien décidé à ne plus se laisser faire. Royal Présidente !!!

  3. luakou dit :

    Royal a raison.Pour preuve pas mal de ses idées sont copiées par le gouvernement.Alors basta avec vos critiques.Nous sommes en France et non dans certains pays qui plaisent tant à notre président au point qu’on copie sa justice (US), sa démocratie (pas de censure comme en Afrique)….
    Comparez par exemple le travail, les taxes,les aides au développement,la qualité de vie…. de la région UMP Alsace et celle du Poitou-Charentes PS.
    et demandez l’autorisation de les publier sans les déformer.Après cela vous aurez droit de raconter toutes sortes d’idioties sur Ségolène Royal.

  4. hassi dit :

    salut et bsr.je suis tres ravi de votre programma de travail.vraiment vous savez choisir l’essentiel dans la formation et la construction d’une societe forte et solide.je vous souhaite du profond du coeur la majeur reussite et que tout le succes existant dans l’univers sera pour toi et toi seule toi royal et inchallah vous serez royale.malgre la distance qui nous separe je suis toujours avec vous et avec votre demarche et votre programma.merci

  5. jpb dit :

    Ah, le hoax de la tricherie…

    Ségolène a subi deux échecs majeurs, la présidentielle et Reims. Elle est isolée et sans appui dans son propre camp. Elle a réussi à liguer tous ses adversaires contre elle.

    Difficile de rebondir dans ces conditions.

  6. nono17 dit :

    Royal n’a pas plus de détracteurs dans son propre camp que les autres candidats (voir Bussereau et les tensions à l’UMP locale) ou les autres présidents de région… Je ne comprend qu’on en fasse tout un capharnaum quand il s’agit de S. Royal. Beaucoup d’élus régionaux et acteurs du PS (et mlitants dont je suis) la soutiennent autant en public qu’en privé, elle peut compter sur beaucoup de fidèles qui ne jugent absoliment pas son comportement autocratique. Il ne s’agit qu’un problème de motion et de tenfances iinternes du PS, le congrès de Reims est passé par là.

  7. [...] en campagne dans la région qu’elle préside depuis 2004. Et ceux qui se frottaient … http://regionales2010.slate.fr/article/1665/royal-campagne-personnel-poitou-charentes/   Elections régionales : les deux Partis socialistes, par Jérôme Jaffré Au lendemain des [...]

  8. kaygee dit :

    La France est centre gauche. Royal est bien positionnée pour représenter la majorité.

  9. afairime dit :

    En somme, selon l’article, le développement (affirmé) de la personnalité ne se conçoit avec bienveillance, voire favorablement, que dans le monde masculin ?

    Dans l’imagerie politique classique – « à la française » – les mêmes reproches ( ici, anonymes…) concernant Royal , auraient tous (chez UN candidat) des connotations flatteuses : il a… du « caractère », de la « poigne », il est « réactif », il a un sens indéniable de la « stratégie ». Bref autant de compliments que l’on attribue à un vrai leader. Qu’elle est !

    « Déjà des dommages collatéraux locaux » lit-on encore, en gras… Oh my god ! Royal a-t-elle (en plus) miné le territoire – déjà bien meurtri par Xyanthia ? . Traditionnellement, la plus petite élection municipale dans le plus minuscule village provoque des tangages et même des naufrages irréversibles entre voisins, amis, de la même ruelle. Alors, imaginez en Poitou-Charentes, avec Ségolène Royal dans l’angle de tir !

    Last but not least, la taille du logo PS sur ses affiches est sans doute proportionnel au soutien de… destruction massive… (unilatérale, cette fois!) envoyé par ses « camarades » de Solérino, via les médias.

    En résumé, autant de victoires socialistes annoncées, malgré Martine Aubry, qui seront récupérées et exhibées dans le « panier garni » de la 1ère secrétaire, sur tous les plateaux de télé !

  10. AntiCons dit :

    Et dans le région Nord, celle de la Maire Aubry, personne ne dit qu’une jeune du MJS proche de Hamon est allée à la soupe chez l’UMP Valérie Létard!!!

    Franchement, c’est partout pire qu’en Poitou Charentes…

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